
Méditation en marche. Les enseignements que j’ai reçus pour la pratique du Kundalini Yoga préconisent l’exercice de kriyas chaque matin, avant le lever du soleil. J’ai reçu ces enseignements au sein de l’École du Tantra en Gironde.
Pour plus d’informations, lien:http://: https://www.ecoledutantra.fr/
J’ai suivi ces recommandations avec assiduité pendant plus de dix ans. Cette pratique ayant porté ses fruits, j’ai, par la suite, instauré mon propre rituel sans me demander s’il était « bien » ou « conforme ». J’ai simplement répondu à un appel. Aujourd’hui, je ne suis plus dans la discipline pour la discipline ; je suis dans ma vie, tout simplement. S’élever et semer.
Pour plus d’information:https://kundalinisadhana.fr/sadhana-pratique-matinale/
Être soi, au cœur de la nuit
Lorsque je marche seul, sans lampe, les conditions changent. Le mental délaisse ses habitudes pour redevenir primitif. L’instinct de survie s’éveille et mes sens s’alertent.
Les yeux n’apportent plus de repères précis. C’est l’ouïe qui prend le relais dans la nuit. J’écoute le silence et les bruits imprévisibles de la forêt.
Il arrive que je dérange un sanglier. Une forte montée d’adrénaline me traverse alors. Je me mets instinctivement en position de défense.
Mes narines s’ouvrent aux parfums des saisons en Gironde. Ma peau perçoit les variations thermiques du sol. C’est l’état d’un être revenu à son « soi » originel. Je m’affranchis ainsi des conditionnements de la vie inculquée.
Le rituel comme ancrage de l’intention
Ma pratique commence bien avant le premier pas dans la forêt. Elle débute par un rituel de reconnaissance : un remerciement à la vie pour cette présence offerte. Les mains jointes, je chante les mantras d’ouverture, puis je dédie le Ra Ma Da Sa à sept êtres en souffrance. Cette phase, bien que exigeante, est essentielle : elle mobilise le mental pour qu’il quitte ses préoccupations personnelles et se mette au service d’une intention de compassion. C’est un exercice qui demande de l’attention il apprend à se discipliner par la vibration et les noms.
Bien souvent je stoppe le mantra de guérison après vingt-deux minutes que je clôture par trois beaux Sat Nam. Les belles vibrations du mantra continues à œuvrer en moi
Après avoir déposé mes intentions, le mantra continue de résonner en moi, sans volonté, sans effort. Ce phénomène, que l’on appelle Ajapa-Japa, marque la fin du contrôle mental. Avec le suivi appliquer pour ne pas oublier une âme à qui le la guérison est dédié. Le mantra continu à œuvrer en moi , il devient une vibration autonome qui m’habite. C’est à cet instant précis que le mental cesse d’être un obstacle qui et pour devenir un simple témoin. La structure rigoureuse du départ laisse place à une fluidité où l’être peut enfin s’ouvrir à l’infini.
Dans le silence de la nuit, sans le secours de la vue, le mental retrouve sa fonction primordiale : celle d’une antenne sensorielle en alerte. L’ouïe s’ouvre à l’écoute fine, l’odorat perçoit les parfums des saisons, l’épiderme ressent les nuances thermiques entre le macadam et le sous-bois. Ce n’est pas une recherche de peur ou d’adrénaline, mais une immersion totale dans le vivant. Ici, l’être ne filtre rien ; il n’y a pas d’interprétation, seulement une perception directe et sans déformation, celle d’un être redevenu conscient de son animalité sacrée. Il est important de ressentir les choses à travers notre corps pour nous connecter à notre être profond.
Ce qui peut paraître paradoxal — la vigilance face à l’inconnu ou le dérangement d’un animal sauvage — coexiste avec un calme profond. Ce calme n’est pas l’absence de mouvement, mais une paix intérieure qui demeure inaltérable au sein même de l’intensité. Cette marche est un exercice de purification physique et spirituelle. Elle apporte un drainage du système lymphatique qui nettoie autant le corps que la conscience. C’est un processus dynamique où l’alignement se fait à chaque pas.
Je ne considère pas cette pratique comme un modèle à suivre, mais comme une réalité que j’éprouve quotidiennement. Il n’y a pas de destination finale, pas d’état « d’être » que l’on pourrait capturer dans une étiquette. La marche est une aventure sans fin vers l’infini. C’est un laboratoire secret où les révélations apparaissent d’elles-mêmes, dans la clarté du silence nocturne. Mon enseignement n’est que le reflet lointain de ce silence. C’est une transmission qui naît de ce qui a été vécu, corps et âme, dans la profondeur de la nuit.
Lien chaîne avec vodèo:https://www.youtube.com/@EcoledeKundaliniYogaAssociatio/shorts
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